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31-08-2010 |
La jeune garde
Article paru dans le "Peuple Valaisan", 27 août 2010 |  | | Vendredi dernier, la Chancellerie fédérale nous apprenait qu’une initiative populaire demandant le rétablissement de la peine de mort pour les auteurs de crimes violents, soit un meurtre ou un assassinat, en concours avec des délits sexuels avait été déposée. Cette initiative remet donc en question un droit fondamental, presque universel, le droit à la vie. Certes, le peuple suisse est encore loin de devoir se prononcer sur le sujet en question, même si le texte a été jugé recevable par la Chancellerie fédérale. Il reste encore à trouver 100'000 citoyens prêts à parapher une telle aberration, et le passage devant les Chambres fédérales qui se prêtera à l’analyse de fond de l’initiative et qui peut (ou devra) l’invalidé en vertu de son non-respect du droit international impératif. Toutefois, il m’est choquant qu’une telle idée puisse même être exposée dans le débat public, tellement la peine de mort est un reniement des principes de droit pénal dans une démocratie moderne. Je rappelle que l’Europe a dû attendre le 20ème siècle pour que la sanction capitale disparaisse des codes pénaux. En Suisse, elle ne fut abolie qu’en 1942 et en France en 1981 ! Le retour en arrière est choquant, et même l’association « Marche Blanche », prônant pourtant une répression extrême en matière de délits sexuels, s’oppose à une telle initiative. Mais au-delà du débat même sur la peine de mort, ce texte propose un débat institutionnel, et touche aux limites de nos droits populaires. En effet, de nos jours en Suisse, les citoyens peuvent proposer au peuple de donner son avis sur n’importe quel sujet, ou presque, la limite étant la seule raison des personnes proposant une initiative populaire. C’est là un droit quasi fondamental de notre démocratie directe. J’estime qu’une refonte du système doit être envisagée, et qu’il faudrait étendre l’examen de la Chancellerie fédérale également sur le fond des textes déposés, et que si la conformité au droit interne ou international n’est pas respectée, l’initiative serait déclarée nulle avant la récolte de signature. La décision de la Chancellerie fédérale pourrait alors être contestée par les initiants devant le Tribunal fédéral, qui se prononcerait alors sur la question de droit, et non sur l’opportunité du texte. Peut-être qu’ainsi les abus de ces dernières années dans l’exercice de ce droit seraient alors évité… Julien Délèze, Vice-président |
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Dernière mise à jour : ( 31-08-2010 )
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13-06-2010 |
Conférence « scientifique »Article paru dans le "Peuple Valaisan", 11 juin 2010 |  | | Vous n’avez sans doute pas pu échapper aux affiches annonçant les conférences d’Harun Yahya, autoproclamé scientifique brillant et écrivain à succès, ni aux retombées médiatiques de cette conférence contre le Darwinisme et « ses » conséquences. Nous y avons assisté avec quelques collègues étudiants en biologie, un peu par curiosité, un peu pour rire, un peu par agacement aussi. Nous n’avons pas été déçus : dès le départ, des rapprochements vaseux avec le nazisme et le stalinisme, illustrés par des photomontages d’un goût douteux (des rangées de SS faisant une haie d’honneur à une statue de Darwin, par exemple), ont donné le ton à cette soirée. Le conférencier a ensuite asséné de fausses données à propos des mutations, a répété dix, vingt fois la même chose, nous a montrés des schémas tournant au ridicule la théorie de l’évolution, mais ne représentant en rien ladite théorie, et j’en passe. Toutes les grosses ficelles de la manipulation ont été employées lors de cette conférence : la peur d’abord, en mettant la faute des dictatures et de leurs millions de victime uniquement sur le darwinisme, puis le ridicule, accentué par les mensonges des conférenciers, qui ont finalement rassuré leurs ouailles en diffusant des phrases du Coran prises au pied de la lettre, leur seul argument étant que Dieu a tout créé, point final. Le tout en accusant la science moderne d’être un dogme ; cherchez l’erreur ! Après une telle soirée, difficile de ne pas prendre peur. Certes, les arguments pseudo-scientifiques utilisés sont facilement écartables par n’importe qui ayant pris le temps de s’intéresser à la biologie. Evidemment, nous avons bien rigolé en voyant jusqu’où les conférenciers pouvaient aller dans le mensonge pour tenter de convaincre le public, le summum de l’hilarité ayant été atteint lorsqu’un dessin d’une vache avec des nageoires a été présenté comme l’ancêtre de la baleine selon Darwin. Mais pour quelqu’un qui n’a pas pris ou tout simplement pas eu le temps de s’intéresser, qui ne connaît rien à la science et qui débarque à cette conférence, il est clair que la théorie de l’évolution paraît certainement idiote, et ne fait aucun sens. Assister au retour de ce genre de théorie, à une interprétation à la lettre des textes religieux et surtout se rendre compte qu’elles trouvent leurs adeptes, un peu trop nombreux à mon goût, est effrayant, tout comme voir les moyens utilisés pour manipuler les foules, et jusqu’où le fanatisme religieux peut aller dans le mensonge. Thaïs Reichler |
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06-06-2010 |
Martigny souffle un vent de panique sur la justice suisseArticle paru dans le "Peuple Valaisan", 4 juin 2010 |  | Les récents événements arrivés dans la ville bas-valaisanne ont entraîné une vive polémique autour de notre système judiciaire. En effet, le quidam s’interroge : comment des gens, connus des services de police et de la justice, peuvent-ils encore se promener en liberté, et commettre moult infractions, jusqu’à la plus violente : l’homicide ? Est-ce la faillite de notre système pénal ? Comment endiguer la criminalité qui exploserait selon certains ? Dans la précipitation, les solutions les plus faciles sont envisagées par nos experts fédéraux en sécurité : installation de caméras de vidéosurveillance, comparution immédiate, renvois des étrangers criminels, refonte du code pénal (datant de 2007) et le nettoyage de la ville au Kärcher devrait bientôt arriver sur la place publique comme remède miracle, étant donné le bon résultant de la méthode en France voisine … Le problème de la criminalité est complexe et mérite certainement une approche à plusieurs niveaux. Premièrement, notre code pénal actuel, révisé après un quart de siècle de travaux parlementaires, est extrêmement critiqué de toute part. Le système des jours-amendes notamment est violemment remis en cause. Or, le nouveau droit des sanctions n’est pas appliqué par nos juges, et ne peut donc être compris de la population. Avant de se lancer dans une révision fastidieuse, il serait opportun d’utiliser à bon escient les règles en vigueur. Deuxièmement, on sait que la propension aux comportements délinquants est plus forte chez des jeunes hommes en situation précaire qu’au sein d’un EMS doré. Au lieu de stigmatiser une partie de la population, il serait temps de prendre de réelles mesures d’intégration. Troisièmement, des études ethnographiques montrent clairement que plus l’écart des richesses au sein d’une population augmente, moins la société est stable. On constate alors une augmentation des tensions sociales et donc de la criminalité. Réduire les inégalités sociales devrait devenir une priorité urgente. Il est temps de prendre enfin les mesures opportunes afin de tenter de résoudre un problème gangrenant notre société, sans se laisser bercer par les sirènes du populisme. Julien Délèze, Vice-président des JSVR |
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06-06-2010 |
Le voile qui cache la forêtArticle paru dans le "Peuple Valaisan", 21 mai 2010 |
| | Autant être claire d'emblée, lorsque je suis confrontée à une femme affublée d'un voile intégral (burqa ou tchadri), mon estomac se serre, indignation et incompréhension se mêlent. Loin de moi l'idée de vouloir occulter une situation viscéralement intolérable… et pourtant, à l'image de mes consoeurs socialistes suisses, des femmes vertes, radicales et du Pcs, je suis farouchement opposée à l'instrumentalisation populiste des initiatives cantonales et fédérales qui visent à l'interdire. Qu'il est commode de monter en épingle un symbole aussi exotique et émotionnel que le voile!! Tiens? Curieusement, deux des partis qui soutiennent ces initiatives sont le PDC et l'UDC, deux forces politiques bien connues pour leurs préoccupations des droits des femmes (!!). Pour mémoire, le programme de l'UDCVR demande "la suppression du Bureau de l'égalité, inutile et coûteux" et revendique la présence de la mère au foyer, "l'une des meilleures formes de prévention de la délinquance et des dépendances"! A la maison, donc! Sans voile, mais avec un tablier!! Parallèlement, au début de cette année, une initiative populaire pour supprimer la prise en charge de l’avortement par l’assurance-maladie de base était lancée par les milieux conservateurs représentant entre autres l'UDC, le PDC, et le PLR. Pour rappel, le régime du délai a été accepté en votation par plus de 70% de la population en 2002. Les femmes ne leur disent pas merci ! Je pourrais continuer à lister les attaques incessantes des partis bourgeois contre les droits acquis par les femmes ces dernières décennies, mais je ne citerais que quelques chiffres: selon une étude du World Economic Forum sur l'égalité hommes/femmes, menée dans 128 pays et tenant compte de toute sortes de critères, la Suisse n'est à la 14ème position, derrière l'Allemagne, l'Espagne, mais aussi le Sri Lanka ou le Mozambique ! Pour sa part, l'étude de l'Office fédéral de la statistique mentionne pour l'an dernier une différence de salaire entre hommes et femmes en Suisse d'environ 20% en moyenne! Il serait donc judicieux de s'attaquer aux vraies questions plutôt que de se voiler la face. Que voulons nous alors à la fin ? Pas la lune, non, mais la possibilité de concilier famille et travail, des salaires égaux, l'accès aux milieux économiques et politiques et des mesures de protection contre la violence. Et pour les femmes voilées, alors on s'en fout ? Non, bien sûr ! C'est à l'État de veiller à ce qu'aucune femme ne soit forcée de porter un voile recouvrant le corps et le visage, en application de notre constitution, tout simplement ! Florence Zufferey |
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01-06-2010 |
The Age of stupid Article paru dans le "Peuple Valaisan", 28 mai 2010 |  | Une fois n'est pas coutume, je profite de cette colonne pour vous parler d'un excellent film, « The Age of stupid » (L'Âge de la Stupidité). A mi-chemin entre la fiction et le reportage, cet éco-film, comme on pourrait le qualifier, nous pousse à réfléchir aux conséquences de nos actes sur le réchauffement climatique. L'histoire commence en 2055. On se retrouve sur une Terre dévastée. La progression des déserts et la hausse du niveau des mers ont entraîné la disparition de toute forme de civilisation. Seul, sur une île artificielle au milieu de l'Arctique, un homme subsiste. Durant tout le film, on suit le regard de cet homme (incarné par Pete Postlethwaite), le dernier des hommes, fouillant dans ce qui reste des archives de l'humanité, et tentant de comprendre, à l'aide de petites séquences filmées, comment le monde a pu en arriver là. On y découvre les destins croisés de plusieurs personnages, impliqués d'une manière ou d'une autre dans le changement climatique. On suit d'abord les pas d'un guide de montagne chamoniard, expliquant la vitesse vertigineuse à laquelle il voit reculer les glaciers. On y entend ensuite le témoignage touchant de 2 enfants iraquiens ayant perdu leur père durant la guerre et qui, pour survivre, sont condamnés à ramasser, réparer revendre les souliers usagés de soldats américains et britanniques, ceux-là mêmes qui leur ont enlevé leur père. On y voit une femme nigériane expliquant comment la plupart de ses proches ont trouvé la mort lorsque les troupes gouvernementales ont décidé de prendre possession des terres entourant son village pour y laisser s'implanter la compagnie pétrolière Shell. On y voit la pollution engendrée par l'industrie, les poissons couverts de pétrole et l'état pitoyable du centre médical promis par Shell, mais qui n'a jamais été achevé. On y entend le témoignage d'un militant éolien. Celui-ci nous présente le monde dans lequel nous vivons et où chacun se dit favorable aux énergies renouvelables, mais où personne n'accepte l'idée d'avoir une éolienne dans son voisinage pour ne pas détériorer la vue. C'est un film sous forme de patchwork, de brins de vie volés ici et là, mais qui, quand on les met côte à côte, permet d'aller toucher l'essence du problème. Un film troublant qui nous met face aux aberrations de notre société de consommation. Pourquoi cultiver des pommes de terre au nord de l'Europe, les transporter par camion pour les transformer en purée en Italie et leur faire subir le trajet inverse pour les distribuer dans les centres commerciaux? Un film, pas toujours d'une totale objectivité scientifique, mais qui a le mérite de faire réfléchir sur les conséquences de nos actions. The age of stupid, une excellente production de Franny Armstrong, à télécharger sur ageofstupid.net Barmaz David |
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